Moi je suis la vraie vigne...

Moi, je suis la vraie vigne… Encore une parabole en forme d’allégorie ! Dimanche dernier, nous entendions St Jean, nous dire que Jésus est le « bon Pasteur qui conduit ses brebis » ; ce matin, c’est l ‘image de la vigne que l’apôtre nous propose à notre méditation : « Moi, dit Jésus à ses disciples, je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron ! » Une parabole, une image encore forte d’enseignement pour nous, pour notre vie spirituelle et notre vie de baptisé !

• Le premier enseignement que nous devons retenir de cette parabole, c’est qu’il convient que nous soyons tous, des « chrétiens branchés », branchés sur le Christ ! C’est Jésus lui-même, d’ailleurs, qui nous le dit et, avec quelle insistance ! Oui, nous devons être branchés, attachés à Lui ; au risque, de n’être que des chrétiens de façade, des chrétiens de surface, d’avoir tôt ou tard, une vie de baptisé « desséchée », comme des raisins secs, pour reprendre les images de cet évangile ; et surtout, de ne plus porter de fruits du tout, c’est à dire, « d’avoir une vie chrétienne stérile, et inutile » insiste Jésus !

On sait tous ce que vaut la beauté d’une fleur coupée : elle fane tôt ou tard, puisque plus rien, ne serait-ce qu’un peu d’eau, ne la nourrit !

Il nous faut être branchés !

Avoir une vie stérile et inutile ! Comme cela doit être terrible ! N’est-ce pas l’effort d’éducation que tout parent cherche à faire comprendre à leurs enfants ? Que de temps passent-ils en effet, à leur expliquer (souvent par l’exemple) toute l’importance de ne pas se mettre en marge de la société, je veux dire, de ne pas se « couper des autres », en restant dans son petit coin ou en ne participant pas à la vie de l’école. Ou de la famille…

C’est bien, parce que nous sommes tous « reliés les uns aux autres » dans nos familles, mais aussi, dans nos lieux de travail ou dans notre groupe d’amis, que la vie circule en nous, comme la sève et qu’elle peut alors, nous faire grandir avec ce que nous faisons tous ensemble. Tout le contraire de ce confinement qui s’achève ce week-end, enfin !

S’isoler des autres, c’est risquer pour un chrétien, de n’être pas « dans le coup » comme l’on dit, de n’être pas « au courant » et alors, que notre vie chrétienne dépérisse et de prendre la voie qui conduit vers la mort ! On sait tous ce que vaut la beauté d’une fleur coupée : elle fane tôt ou tard, puisque plus rien, ne serait-ce qu’un peu d’eau, ne la nourrit ! Et la branche cassée, le sarment coupé, « on le brule » dit l’évangile car il ne sert plus à rien….

Cette page d’Evangile sur la vigne est donc beaucoup plus qu’une simple parabole ! Elle est, en fin de compte, une image qui voudrait nous aider à comprendre la réalité de notre existence de baptisé, je veux dire, d’enfant de Dieu ! Nous le sommes tous depuis notre baptême et c’est Dieu qui, ce jour-là, nous a véritablement « engendré à sa vie divine ». Mais, en avons-nous tous encore vraiment conscience ?
Baptisés dans la Mort et le Résurrection du Christ Jésus, c’est la sève de la vie même de Dieu qui circule et monte en nous, et pour nous « faire vivre en chrétien » c’est à dire ensemble, telle la sève du printemps qui fait fleurir les roses et fructifier la vigne. Aussi, il faudrait que nous profitions de cette parole de Jésus d’aujourd’hui, pour nous demander vraiment, au fond de notre cœur : Mais, quel est vraiment « la consistance », la réalité de notre vie de baptisé, aujourd’hui ? Est-elle une vie, attachée au Christ : c’est à dire, attachée à sa Parole que nous prenons le temps de méditer avec d’autres en équipe de partage d’évangile; c’est à dire, « greffée » et nourrie de sa Présence vivante en nous, par la prière régulière et les sacrements.

Père Emmanuel

5ème dimanche de Pâques

Moi je suis la vraie vigne...

Tout cela est un lien essentiel parce que vital pour notre vie de chrétien ! Car, c’est par Lui seul, Jésus, que nous pouvons recevoir en nous, « la sève » de la vie la vie même de Dieu qui est Amour. Seul, le Christ peut en effet, donner à notre vie, une « âme », bref « animer notre vie » de son Esprit d’amour pour demeurer en Lui !

Voilà en fin de compte, le cœur de toute vie spirituelle, de toute vie chrétienne : « Il faut demeurer en Lui, comme moi en vous » nous dit St Jean, afin de « porter de beaux fruits » ! Cet évangile est donc un appel pressant et exigeant que le Christ Jésus nous adresse à tous. Exigeant car nous savons bien qu’il n’est pas toujours facile de vivre en chrétien aujourd’hui. Le réflexe d’une certaine autonomie nous éloigne encore trop souvent des autres ; et qui peut dire que l’individualisme n’habite plus en nous ! Il nous arrive encore de vivre les responsabilités que nous confie l’Eglise, certes, mais sans trop chercher à les partager, croyant que l’on peut s’en sortir tout seul !

Rassemblés pour l’Eucharistie du dimanche qui nous redit toute l’importance de « faire Eglise ensemble », demandons au Seigneur de rester « attacher » à sa Parole de vie, à sa Présence en nos vies qui se dit dans nos rencontres, attachés les uns aux autres, par l’amour et le service fraternel. Soyons « branchés ensemble sur Lui » et notre existence sera alors comme transformée, prête à produire des fruits en abondance

. . . . . pour demeurer avec Lui !

Père Emmanuel

9 mai 2021

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