La parabole du semeur

Admirables paraboles ! A la foule qui se presse, toujours aussi nombreuse, attirée par la prédication de Jésus, et aux disciples qui le suivent, les paraboles permettent à Jésus, vous le savez, de parler de ce qu’est ce Royaume de Dieu qui doit animer l’espérance des hommes. Depuis la barque où il est monté pour s’écarter un peu de la foule, restée sur le bord du lac, Jésus se met donc à raconter déjà, la parabole du semeur « Et voici que le semeur est sorti pour semer… » Nous connaissons bien cette parabole et Jésus la commente longuement, puis il l’explique aux disciples, en terminant avec ces 2 petites paraboles qui est notre évangile de ce matin, et que nous venons d’entendre : Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait pas comment. Et on peut également le représenter avec la graine de moutarde ; c’est la plus petite de toutes les semences, mais quand on l’a semé, elle grandit jusqu’à dépasser toutes les plantes potagères !

Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait pas comment.

Le mystère de la nature

Deux petites paraboles, étonnantes, qui viennent souligner ce « mystère de la nature » auquel nous sommes si peu attentifs, bien qu’invités de plus en plus aujourd’hui à renouer, avec le mouvement écologique, avec tout ce qui nous environne ! Mystère qui, à vrai dire, nous dépasse tous, et que nous ne savons si peu expliquer, en ce monde où nous sommes, qui pourtant maîtrise tant de choses avec des découvertes sophistiquées et des inventions technologiques si précises, capables de conquérir l’infiniment grand, ou d’investiguer l’infiniment petit ! Le travail de l’agriculteur, comme la découverte de la nature, peut nous apparaître, encore aujourd’hui, comme quelque chose de tout à fait « étonnant » ! Travail
nécessaire et utile car il faut que la semence soit mise en terre, pour produire le blé ! Mais, ce n’est pas l’homme, nous dit l’Évangile, « qui fait grandir la tige et apparaître l’épi de blé », comme nous les voyons, en ce moment, onduler sous le vent dans nos larges plaines champenoises. Et il ne lui sert à rien d’ailleurs « qu’il tire dessus », pour faire grandir la tige, car il risque de la casser et de compromettre alors toute la moisson ! « Nuit et jour, précise l’évangile, la moisson pousse et grandit, mais il ne sait pas comment ! Tout comme la graine de moutarde : elle est l’une des plus petite parmi les graines qui soit, et pourtant, elle devient l’une des plus grande plante qui domine le potager ! Jésus était donc attentif à ce « mystère de vie » de la nature qui environne notre existence humaine. Il y reconnaît en effet, l’œuvre de Dieu son Père qui est le Maître de la Création et de tout l’Univers. Cette puissance de vie qui surgit et fait grandir tout ce qui vit, chacun selon son espèce, pour reprendre ce que nous dit la Genèse dans la Bible, et jusqu’à l’homme lui même, vient de Dieu ; et c’est pourquoi, nous pouvons reconnaître, Dieu présent qui agit, partout là où germe la vie, prête à se déployer et à grandir !

P.Emmanuel Leroux

11ème dimanche du temps ordinaire

La parabole du semeur

En racontant ces paraboles, le Christ Jésus devait penser aussi sans doute, à un « autre champ, » à une « autre semence » : celle d’une vie toute neuve, « ressuscitée », qu’il jetait dans le cœur des hommes alors qu’il les croisait sur les routes de Palestine et depuis sa Résurrection, sur les routes du monde ! Il savait
qu’à travers les nuits et les jours de notre histoire humaine, cette semence de résurrection poursuit sa croissance, discrète et obstinée, en nous, et transforme déjà, notre monde. Ne restons pas aussi en marge de ce chemin de vie, si plein d’espérance vivante ! Certes, comme nous ne voyons pas toujours ces bourgeons ! dit le pape François dans l’une de ses homélies ; « Nous avons besoin de certitude intérieure, de la conviction que, Dieu peut agir en nous en toutes circonstances, même au milieu d’échecs apparents. Cette certitude, cela s’appelle « le sens du mystère » ! Elle consiste à croire avec certitude que celui qui se donne et s’en remet à Dieu par amour, sera certainement fécond ! Car l’Esprit St agit « comme il veut,
quand il veut et où il veut » ! Nous, nous dépensons, mais sans prétendre voir des résultats visibles. Nous savons seulement que notre don de soi est toujours nécessaire. Alors, apprenons « à nous reposer dans la
tendresse des bras du Père », conclut le pape, au cœur même de notre dévouement créatif et généreux ! Avançons, engageons-nous à fond mais laissons l’Esprit, rendre féconds nos efforts, comme bon lui semble.

La semence de résurrection

P.Emmanuel Leroux

12 juin 2021

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