Il vient à nous, le Christ Rédempteur...

L’homme qui parle aujourd’hui dans l’évangile est un homme qui va mourir et qui sait qu’il va mourir. Jésus a aimé cette terre avec passion, d’un amour intense et débordant.

En un sens, Jésus a aimé la création plus que quiconque car il porte sur elle un regard toujours neuf, pur de tout péché, libre de toute possessivité. Il a aimé le soleil qui brillait pour les bons comme pour les méchants, fidèle image de son Père qui aime les justes et les injustes. Il a aimé la lune qui est venue apaiser ses 40 nuits dans le désert des tentations. Il a aimé les étoiles qui lui souriaient dans ses veilles de prière et qui lui rappelaient sa maman : elle racontait que, quand il était tout-petit, une étoile avait guidé jusqu’à lui d’étranges mages étrangers.

Jésus sait qu’il va perdre bientôt le soleil, la lune et les étoiles.

L’Epoux a été rejeté, répudié, trahi, mais il continue à penser à son épouse.

Jésus est l'Epoux de toute l'humanité

Comme Jésus est la parole créatrice et le sabbat qui accomplit toute chose, comme il est le cœur battant de la création, la mort de Jésus met fin à toute vie : le soleil n’a plus de raison de briller et les étoiles de scintiller. Un monde sans Jésus ne vaut plus la peine d’être vécu.

L’homme qui parle aujourd’hui pense aux autres avant de penser à lui-même, comme le soldat qui n’a pas peur de mourir mais qui craint de laisser seule son épouse. Jésus est l’Epoux. De tous les titres, c’est celui qu’il préfère. Dès qu’il rencontre une femme, il s’arrête et trouve le moyen d’éveiller sa part la plus belle, sa féminité la plus enfouie : il révèle la grâce de la Samaritaine, et de Marthe et Marie, et de la Cananéenne, et de la fillette de 12 as, et de la femme qui perdait son sang… Il n’est pas l’Epoux d’une femme, il est l’Epoux de toute l’humanité. Et à l’heure de mourir, il pense d’abord aux femmes enceintes et à celles qui allaitent, en bon époux qui se réjouissait tant de voir sa bien-aimée donner du fruit. L’Epoux a été rejeté, répudié, trahi, mais il continue à penser à son épouse. Il ne pleure pas sur lui, il pleure sur Jérusalem encerclée et bientôt détruite.

Mais Jésus n’a pas dit son dernier mot… Son dernier mot ? C’est le mot « rédemption », un mot qui nous semble compliqué, intellectuel, un peu trop théologique. C’est en fait un mot très concret. Le rédempteur, c’est le sauveteur, celui qui n’a pas peur des fracas de la mer et des flots, et qui saute dans la mer de notre mort et de notre péché pour nous en sauver. Il nous saisit dans ses bras, comme un filet d’amour jeté sur nous à l’improviste. Mais le rédempteur est plus que cela : il est le membre de la famille qui s’engage à épouser l’épouse abandonnée, à la nourrir, à élever ses enfants.

Père Laurent Thibord

1ère Semaine de l'Avent - Année B

Il vient à nous, le Christ Rédempteur...

En Hébreu, le rédempteur, le « goël », c’est le plus proche parent qui assume la responsabilité des familles délaissées.

L’homme qui parle aujourd’hui ne vient pas à nous comme un jeune fiancé, mais comme un homme mûr qui a été trahi, qui pardonne et nous propose de nouvelles fiançailles. Cela s’appelle l’Eucharistie.

Le Christ rédempteur vient à nous dans l'Eucharistie

Père Laurent Thibord

28 nov. 2021

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