La Pentecôte, le souffle de l'esprit saint

L’Esprit Saint est un feu qui veut enflammer chaque brindille de ma vie, une source qui veut jaillir de chaque cellule de mon être, une huile qui veut pénétrer entre les jointures de mon corps ! Il désire remplir chacun de mes mots, rythmer chacune de mes paroles. Il renouvelle entièrement le jeu des pronoms personnels. Vous vous souvenez, n’est-ce pas : je, tu, il, nous, vous, ils… ?

«Quand on a le St Esprit le cœur se dilate, il se baigne dans l’amour divin.» St Jean-Marie Vianney

Les pronoms personnels de l'Esprit Saint

En effet, l’Esprit Saint me permet de dire « je » en vérité. Non pas un « je » rempli de moi-même, boursouflé et boudiné ! Non : un « je » attentif et humble, un « je » qui se laisse inspirer par le Père, un « je » capable de porter la vie en soi-même, et de la redonner aux autres. Un « je » prêt à défendre l’orphelin et l’opprimé, un « je » plein d’autorité quand il s’agit d’annoncer la vérité, un « je » plein de poésie quand il s’agit de dévoiler la beauté.
L’Esprit Saint m’aide aussi à dire « tu ». Il me permet de sortir de moi-même, et de m’adresser à un autre. Les prières qui s’adressent à l’Esprit Saint sont rarissimes dans la liturgie : je ne connais que le Veni Creator et cette séquence à l’Esprit Saint que nous entendons en ce jour. Dans ces deux prières, nous disons « tu » à l’Esprit Saint. Et ce n’est que justice car c’est lui, l’Esprit, qui nous autorise à dire « tu » à notre Père, et à dire « tu » à Jésus-Christ, notre frère aîné.
L’Esprit Saint m’oblige aussi à donner une valeur unique à la troisième personne du singulier « il ». Partout ailleurs, l’Esprit Saint est désigné par un neutre, comme s’il était seulement une force impersonnelle, un élan, un vent puissant mais anonyme. Jésus nous révèle aujourd’hui que l’Esprit est une personne : il en parle en disant « il », et non pas « cela ». L’Esprit Saint est quelqu’un ! Il est autonome, conscient, vivant ! Il a sa lumière propre, il a surtout sa propre liberté : il se reçoit du Père et du Fils mais va de l’un à l’autre, et de Dieu à nous avec une totale souveraineté ! Il souffle où il veut, et il en est de même de quiconque est né de l’Esprit ! L’autre, « lui », que je regarde souvent comme un objet dans mon champ visuel devient par l’Esprit Saint une personne unique porteuse d’un immense avenir !
Vous avez repéré cette longue liste de peuples que citent les Actes des Apôtres ? Parthes, Mèdes, Elamites… On croirait un exercice d’élocution ! Mais à la fin, arrive le plus incroyable : tous ces gens les plus divers (et même les Juifs et les Arabes qui se battent jusqu’aujourd’hui), finissent par dire « nous » : « Nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu » ! L’Esprit Saint est l’âme de l’Eglise : impossible de dire un vrai « nous » sans Lui, un « nous » où chacun peut parler sa propre langue, sans être perdu dans une foule sans visages. Il ne s’agit pas d’un « nous autres » sectaire et clivant, mais un « nous » qui interpelle les autres : un « nous » qui dit « vous » ! Ecoutons encore Jésus : « l’Esprit rendra témoignage en ma faveur, et vous-aussi vous rendrez témoignage ! ». Jésus a tellement confiance en vous qu’il vous donne son Esprit de vérité et de Force.

Père Laurent Thibord

8ème dimanche de Pâques

La Pentecôte, le souffle de l'esprit saint

Vous voilà témoins, remplis d’Esprit.
Le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres joue sans cesse sur les termes de « chacun » (trois fois) et « tous » (trois fois). C’est le propre de l’Esprit Saint que d’unir sans confusion. Les communautés vraiment remplies d’Esprit Saint permettent à chacun de développer ses talents et à tous de s’en réjouir ensemble. Viens Esprit Saint sur notre paroisse !
J’allais oublier le féminin ! Il est vrai que Marie qui prie dans le Cénacle avec les apôtres est tellement discrète. Il faut pourtant une maman pour nous permettre de parler notre langue maternelle…

Remplis de l'Esprit Saint

Père Laurent Thibord

6 juin 2021

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